TDAH : Ce n’est pas une mode, c’est une réalité clinique selon les experts
TDAH : Ce n’est pas une mode, c’est une réalité clinique selon les experts
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) fait l’objet de nombreux débats en France. Certains le qualifient de « tendance passagère » ou d’« effet de mode », tandis que les professionnels de santé tirent le signal d’alarme face à cette méconnaissance. La psychologue Laureyna Makessi, experte reconnue en neuropsychologie, apporte une perspective clinique décisive pour comprendre la réalité de ce trouble neurodéveloppemental souvent méjugé.
TDAH : une augmentation des diagnostics, pas une invention médiatique
L’augmentation observée des diagnostics de TDAH n’est pas le fruit d’une mode médiatique, mais plutôt le résultat d’une meilleure reconnaissance et d’une déstigmatisation progressive du trouble. Pendant des années, de nombreux cas restaient non diagnostiqués, en particulier chez les enfants et adolescents dont les symptômes ne correspondaient pas à la représentation stéréotypée du « enfant hyperactif ».
Selon les données épidémiologiques, le TDAH affecte environ 5 à 7% de la population mondiale, une proportion qui n’a pas changé. Ce qui a changé, en revanche, c’est la capacité des professionnels à l’identifier et la volonté des personnes concernées à chercher un diagnostic. La psychologue Laureyna Makessi souligne que cette augmentation apparente reflète simplement une meilleure compréhension clinique du trouble, non une création artificielle de la communauté médicale.
Comprendre les manifestations du TDAH au-delà des clichés
Le TDAH ne se réduit pas au stéréotype de l’enfant agité et turbulent. Le trouble présente de multiples facettes, souvent invisibles aux yeux des observateurs non formés. On distingue généralement trois profils :
- Le profil hyperactif-impulsif : correspond à l’image classique du trouble
- Le profil inattentif : caractérisé par des difficultés de concentration, souvent moins détecté
- Le profil combiné : associant à la fois l’hyperactivité et l’inattention
Ces manifestations varient considérablement d’une personne à l’autre et peuvent évoluer avec l’âge. De nombreuses personnes adultes, en particulier les femmes, ne reçoivent leur diagnostic que tardivement, après des années de lutte silencieuse. Reconnaître cette diversité de présentation est essentiel pour combattre les idées reçues et permettre à chacun d’accéder à un diagnostic approprié.
L’impact réel du TDAH sur la scolarité et la vie professionnelle
Au-delà du diagnostic, le TDAH a des conséquences tangibles sur la qualité de vie. En milieu scolaire, les enfants atteints font face à des défis spécifiques : difficultés à organiser leur travail, procrastination chronique, problèmes relationnels avec les pairs et les adultes. À l’âge adulte, ces difficultés persistent, affectant la carrière professionnelle, les relations personnelles et l’estime de soi.
L’absence de diagnostic ou de prise en charge appropriée expose les personnes atteintes de TDAH à des risques augmentés de dépression, d’anxiété et d’autres troubles associés. C’est pourquoi une détection précoce et une prise en charge adaptée sont déterminantes pour améliorer les trajectoires de vie.
Recommandations pratiques pour les familles et professionnels
Pour les parents et éducateurs : En observant les enfants, prêtez attention aux signes de difficultés attentionnelles persistantes, pas seulement à l’agitation. Si vous suspectez un TDAH, consultez un professionnel formé (pédopsychiatre, psychologue clinicien spécialisé).
Pour les professionnels : Adoptez une approche biopsychosociale en considérant le contexte environnemental, l’histoire développementale et les forces de la personne, pas seulement ses déficits.
Pour les adultes en questionnement : Un diagnostic tardif reste bénéfique. Il permet de mieux se comprendre et d’accéder à des stratégies compensatoires adaptées.
Conclusion : Du déni à l’acceptation
Le message de la psychologue Laureyna Makessi est clair : le TDAH n’est ni une mode ni une invention de l’industrie pharmaceutique, mais une réalité neurobiologique bien documentée. L’augmentation des diagnostics reflète des progrès dans notre compréhension du trouble et une meilleure capacité à l’identifier.
Combattre les idées reçues exige une sensibilisation continue des professionnels de santé, des éducateurs et du grand public. Chaque personne diagnostiquée accède à une meilleure compréhension d’elle-même et peut enfin mettre en place des stratégies efficaces pour vivre pleinement.
Si vous ou un proche présentez des signes de TDAH, n’hésitez pas à consulter un professionnel qualifié. Le diagnostic n’est pas un label stigmatisant, mais une clé pour l’autonomisation et le bien-être.
